Jeudi 10 septembre 2026, alors que les Togolais encaissaient la nouvelle de la hausse des prix des produits pétroliers, VDP, un créateur de contenu proche du régime au pouvoir, crée la confusion en remettant publiquement en cause l’arrêté interministériel dont la copie a fuité sur les réseaux sociaux. Ce qui s’apparente à une intoxication, à une divulgation de fausse nouvelle et à un trouble à l’ordre public n’a cependant pas fait réagir les autorités togolaises, souvent promptes à sévir dans de pareilles situations.
« Ceux qui ont produit ce communiqué, vous n’êtes pas intelligents », « Depuis quand le prix de l’essence sans plomb est plus élevé que le prix du gasoil ? On n’a jamais vu ça (…) Ils n’ont pas très bien réfléchi » : ce sont, entre autres, les propos tenus par le créateur de contenu VDP à l’endroit des autorités togolaises. Avec plus d’un million d’abonnés sur le réseau social TikTok, VDP a réussi à semer le doute dans l’esprit de nombreux Togolais avec sa publication, qui n’a pas été démentie par le régime de Lomé. Les créateurs de contenus qui soutiennent le régime ne sont-ils pas soumis à l’obligation de vérifier les informations qu’ils diffusent?
Situation prévisible
Si VDP a tourné ses armes contre le gouvernement togolais qu’il a toujours défendu, c’est en partie à cause du silence entretenu autour de cette nouvelle hausse des prix des produits pétroliers, qui intervient à la veille de la rentrée scolaire. L’absence de communication officielle du gouvernement a laissé libre cours aux spéculations.
Jamais VDP n’aurait pensé que le gouvernement qu’il encense nuit et jour pourrait appliquer des tarifs aussi étranges. Il en a conclu qu’il s’agissait des attaques de l’autre camp et a ainsi étalé les « tares » du régime qu’il défend.
L’invitation de la Haute Autorité de Régulation de la Communication écrite, audiovisuelle et numérique (HARC), adressée aux créateurs de contenus et influenceurs togolais pour le 22 septembre 2026, sera peut-être l’occasion de mettre de l’ordre dans ces nouveaux médias dont la régulation a longtemps échappé aux pouvoirs publics.
