Malgré une opposition massive, le gouvernement togolais persiste dans sa volonté d’imposer une nouvelle constitution instaurant un régime parlementaire controversé. Face à l’échec des premières campagnes de communication, une nouvelle initiative, baptisée « S’engager pour la Ve République », a été lancée le 21 mars 2025 à Kara par le ministère des Droits de l’Homme. Une tentative supplémentaire de convaincre une population désabusée, qui voit en cette réforme une stratégie de perpétuation du pouvoir en place.

Dans un climat de gouvernance marqué par des difficultés économiques et une gestion contestée des affaires publiques, ce changement constitutionnel est perçu par beaucoup comme une ultime entrave à l’alternance politique. De nombreux citoyens et observateurs dénoncent une manipulation des institutions à des fins personnelles, privant le peuple de toute perspective de renouveau démocratique.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. « C’est un crime contre notre Nation », s’indignait un opposant, résumant l’amertume suscitée par cette réforme imposée par une Assemblée dont le mandat est expiré depuis des mois. Ni les campagnes médiatiques ni les débats interactifs prévus ne semblent en mesure d’inverser la tendance.

Le professeur David Dosseh, du Front Citoyen Togo Debout, exprime clairement l’exaspération populaire : « Ils veulent nous imposer une constitution sur mesure pour assurer la présidence à vie du Chef de l’État. » Il dénonce une gouvernance caractérisée par l’improvisation, l’absence de vision et une gestion dictée par l’instant plutôt que par une stratégie à long terme.

Malgré les efforts de persuasion du gouvernement, les Togolais semblent décidés à ne pas se laisser convaincre par des promesses sans lendemain. Ce bras de fer politique met en lumière un rejet profond d’un système perçu comme verrouillé, renforçant l’aspiration à un véritable changement.