Ce samedi 15 février, le Togo a franchi une nouvelle étape de son histoire politique avec ses premières élections sénatoriales. Ce scrutin marque l’aboutissement d’un long processus de réformes constitutionnelles visant à instaurer un régime parlementaire dans le pays. Cependant, cette élection se déroule sous haute tension, notamment en raison du boycott massif de plusieurs partis d’opposition et des contestations autour de la nouvelle Constitution adoptée en avril 2024.


Le parti au pouvoir, l’Union pour la République (UNIR), détient une majorité écrasante parmi les grands électeurs avec plus de 80% des sièges. Cette domination laisse peu de place aux autres partis politiques dans le processus électoral. Les trois principaux partis d’opposition l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), les Forces Démocratiques pour la République (FDR) et la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) ont choisi de boycotter ce scrutin, dénonçant un système qu’ils jugent biaisé et antidémocratique.


La Constitution révisée en avril 2024 a transformé le Togo en un régime parlementaire où le Président perd son pouvoir exécutif au profit du Président du Conseil des ministres. Ce changement est perçu comme une avancée démocratique par le gouvernement mais est critiqué par l’opposition qui y voit une concentration accrue du pouvoir entre les mains du parti UNIR.


L’élection des sénateurs complète la mise en place des institutions prévues par cette nouvelle constitution. Le Sénat jouera un rôle clé dans l’orientation politique future du pays et contribuera à consolider ce nouveau régime parlementaire. Cependant, sans dialogue avec l’opposition, ces tensions risquent de persister et pourrait nuire à la stabilité sociale et politique du pays.

En somme, ces premières élections sénatoriales sont pour l’évolution institutionnelle mais restent entachées d’une légitimité contestée due aux boycotts massifs et aux critiques sur le processus démocratique mis en place.