Le Parlement kényan a voté mardi la destitution du vice-président Rigathi Gachagua, révélant de profondes fractures au sein du gouvernement. Sur les 326 députés présents, 281 se sont prononcés en faveur de sa destitution, 44 ont voté contre et un seul s’est abstenu. Cette décision marque un moment critique dans la vie politique du pays, alors que le Sénat doit encore se prononcer pour confirmer ou non cette décision.

Le vice-président est accusé d’avoir soutenu les manifestations antigouvernementales de juin dernier et d’être impliqué dans des affaires de corruption. Cependant, devant le Parlement, Rigathi Gachagua a défendu fermement son innocence, évoquant la présomption d’innocence et dénonçant des accusations qu’il juge infondées, portées par le député Mwengi Mutuse de Kibwezi.

Lors de son audition, M. Gachagua a déclaré : « Je me tiens ici aujourd’hui pour me défendre, et je m’excuse auprès de mon défunt frère de devoir partager son testament privé. Les biens qu’il a acquis à force de travail acharné, destinés à soutenir sa famille, sont désormais injustement considérés comme le produit de la corruption. » Il a souligné l’importance d’un procès équitable, déplorant que sa réputation soit entachée sans justification.

Cette destitution met en lumière les tensions croissantes au sein du gouvernement kényan, particulièrement entre le président William Ruto et son colistier, Rigathi Gachagua. Leur ticket avait remporté les élections d’août 2022 sous la bannière Kenya-Kwanza/UDA, mais cette rupture pourrait marquer un tournant dans la coalition.

Si le Sénat confirme cette destitution, Rigathi Gachagua deviendrait le premier vice-président kényan à être démis de ses fonctions depuis l’adoption de la constitution de 2010. L’avenir politique du pays s’annonce incertain alors que le Sénat prépare son verdict.