Le Sénégal est sous le choc depuis deux jours. Abdoulaye Ba, 22 ans, étudiant en deuxième année de chirurgie dentaire à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), est décédé lundi lors d’affrontements entre forces de l’ordre et étudiants.

À la suite de ce drame, le Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) a annoncé la fermeture du campus social à compter du 10 février, et ce jusqu’à nouvel ordre, sur instruction des autorités. Une décision motivée, selon les responsables, par des impératifs de sécurité.

La thèse officielle demeure floue. Le gouvernement évoque des « événements graves » et promet l’ouverture d’une enquête. Toutefois, le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé, a fait un aveu rare : « Il y a eu des violences émanant des forces de défense et de sécurité. Je ne peux pas les cautionner. »

De son côté, l’Amicale des étudiants en médecine accuse les policiers d’avoir pénétré dans la chambre du jeune homme, de l’avoir « torturé », puis relâché grièvement blessé. Abdoulaye Ba serait décédé des suites d’une hémorragie. Par ailleurs, une centaine d’étudiants ont été interpellés.

Ces violences s’inscrivent dans un contexte de tensions persistantes liées au non-paiement des bourses universitaires, qui accusent jusqu’à treize mois d’arriérés. Un drame qui ravive la colère de la jeunesse sénégalaise et pose, une fois de plus, la question de la gestion des crises universitaires dans le pays.