Quand la CEDEAO se réveille.
La Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest CEDEAO a condamné la Guinée-Bissau pour des violations des droits fondamentaux de Domingos Simões Pereira et de quatre autres personnalités. La décision, rendue le lundi 5 octobre 2026, marque une nouvelle étape dans cette affaire à forte portée politique. Saisie en janvier par les avocats des cinq requérants, la juridiction régionale a reconnu la responsabilité de l’État bissau-guinéen et accordé une indemnisation de 30 millions de francs CFA aux plaignants, selon leur défense. Ces derniers dénonçaient notamment les conditions de leur détention et réclamaient leur libération.
Chef du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, Domingos Simões Pereira est détenu depuis le 10 juillet dans le cadre d’une procédure liée à une tentative de coup d’État en octobre 2025. Pour des raisons médicales et humanitaires, il a été autorisé à séjourner au Portugal pendant 90 jours. Arrivé à Lisbonne le 24 juillet, il conteste les accusations portées contre lui.
Cette décision intervient dans un contexte de transition politique toujours fragile en Guinée-Bissau, après le renversement du président Umaro Sissoco Embaló. Elle rappelle aux autorités nationales que le respect des droits fondamentaux demeure une obligation juridique, même en période de crise politique.
Ces derniers mois, la CEDEAO semble vouloir sortir de son silence face aux agissements de certains gouvernements susceptibles de porter atteinte aux droits des citoyens et aux principes démocratiques. Longtemps critiquée pour sa gestion des crises politiques en Afrique de l’Ouest, l’organisation régionale donne désormais des signes de réaction face à certaines dérives du pouvoir.
Au Togo, la décision de la Cour de justice de la CEDEAO concernant la réforme constitutionnelle de 2024 illustre cette évolution. En qualifiant cette réforme de « changement inconstitutionnel de gouvernement », la juridiction communautaire a relancé le débat sur le respect de la démocratie et de l’État de droit.